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Mortagne sur Sèvre

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Marcher avec des béquilles : les bons gestes pour avancer en toute sécurité

Femme d'âge mûr marchant avec des béquilles avant-bras dans un couloir de centre de rééducation, posture droite et technique correcte
5 minutes

Marcher avec des béquilles mobilise le haut du corps de façon inhabituelle et modifie l’équilibre. Les premiers pas sont souvent hésitants, et les erreurs de posture ou de réglage peuvent provoquer des douleurs aux poignets, aux épaules, voire des chutes.

Compression nerveuse et douleurs aux bras : le risque sous-estimé des béquilles mal réglées

La plupart des guides en ligne se concentrent sur la technique de marche. Le problème commence pourtant avant le premier pas, au moment du réglage. Un appui prolongé des béquilles axillaires sous les aisselles peut comprimer des nerfs et provoquer une faiblesse ou un engourdissement dans les mains et les bras.

Ce n’est pas un simple inconfort passager. Une pression nerveuse prolongée peut entraîner des troubles moteurs temporaires, parfois confondus avec une mauvaise circulation sanguine. Le poids du corps doit reposer sur les poignées, jamais sur les coussinets d’aisselle.

Pour vérifier le réglage, tenez-vous debout, bras le long du corps. Placez le bout des béquilles à environ quinze centimètres de vos pieds. Deux à trois doigts doivent passer entre le coussinet et l’aisselle. La poignée se situe au niveau du poignet, coudes légèrement fléchis. Si vous ressentez des picotements ou une gêne persistante dans les mains après quelques jours d’utilisation, faites vérifier le réglage par un professionnel de santé.

Pour apprendre à marcher avec des béquilles dans de bonnes conditions, ce contrôle du réglage constitue le préalable à toute mise en mouvement.

Homme âgé utilisant des béquilles axillaires pour descendre des marches en pierre à l'extérieur d'un bâtiment public, démonstration de la technique sécurisée dans les escaliers

Technique de marche avec béquilles : le schéma d’appui qui protège la jambe blessée

Le geste de marche avec des béquilles ne reproduit pas la marche naturelle. Il repose sur un transfert de poids du membre inférieur blessé vers les bras et le tronc. Deux schémas principaux existent selon la consigne médicale.

Marche sans appui sur la jambe atteinte

Quand aucun poids n’est autorisé sur la jambe blessée, les deux béquilles avancent ensemble, puis le corps pivote vers l’avant en prenant appui sur les poignées. La jambe blessée ne touche pas le sol. Si possible, pliez le genou pour éviter que le pied ne frôle la surface.

Ce schéma fatigue rapidement les bras et les épaules. Des pauses régulières sont nécessaires, surtout les premiers jours. La distance parcourue augmente progressivement à mesure que la musculature du haut du corps s’adapte.

Marche avec appui partiel autorisé

Quand le médecin autorise un appui partiel, la technique change. Les béquilles avancent en même temps que la jambe blessée, et le poids se répartit entre les poignées et le pied au sol. Le pied sain avance ensuite. Le dosage de l’appui dépend de la prescription : il ne se devine pas et ne s’ajuste pas au ressenti seul.

Dans les deux cas, gardez le dos droit et le regard devant vous, pas sur vos pieds. Pencher le buste vers l’avant déplace le centre de gravité et augmente le risque de déséquilibre.

Monter et descendre les escaliers avec des béquilles : la règle du membre sain en premier

Le principe à retenir tient en une phrase : la jambe valide monte en premier, la jambe blessée descend en premier.

  • Pour monter : posez le pied sain sur la marche supérieure, puis hissez-vous en prenant appui sur les poignées. Les béquilles et la jambe blessée suivent sur la même marche.
  • Pour descendre : placez les béquilles sur la marche inférieure, avancez la jambe blessée, puis descendez le pied sain. Le poids reste sur les bras pendant la phase de descente.
  • S’il y a une rampe, tenez-la d’une main et regroupez les deux béquilles sous l’autre bras. La rampe offre un point d’appui plus stable que les béquilles sur des marches étroites.

Sur un escalier sans rampe, demandez de l’aide ou montez sur les fesses si la stabilité est insuffisante. Aucune technique de béquilles ne compense l’absence de rampe sur un escalier raide.

Jeune homme en botte de marche recevant des conseils d'une kinésithérapeute sur la bonne prise en main d'une béquille avant-bras dans une salle de rééducation

Sécurité au domicile : l’environnement compte autant que le geste

La qualité de la technique de marche ne suffit pas si le logement présente des obstacles. Les recommandations du NICE préconisent une évaluation des dangers du domicile chez les personnes ayant chuté et présentant un trouble de la marche ou de l’équilibre.

Concrètement, plusieurs éléments du logement méritent une vérification avant de circuler avec des béquilles :

  • Les tapis et carpettes posés au sol glissent facilement sous les embouts de béquilles. Les retirer ou les fixer avec du ruban adhésif double face réduit le risque.
  • Un éclairage insuffisant dans les couloirs et les escaliers empêche de repérer les obstacles. Une veilleuse de nuit dans le couloir menant aux toilettes évite les déplacements à l’aveugle.
  • Les sols mouillés (salle de bain, cuisine) deviennent très glissants avec des embouts de béquilles usés. Vérifiez régulièrement l’état des embouts en caoutchouc et remplacez-les dès qu’ils sont lisses.
  • Les câbles électriques au sol, les seuils de porte surélevés et les objets laissés dans le passage constituent des pièges fréquents.

Ces ajustements ne demandent ni travaux ni budget particulier. Ils réduisent pourtant une part significative du risque de chute à domicile.

Béquilles axillaires ou cannes anglaises : un choix qui dépend de la durée et des capacités

Les béquilles axillaires, qui passent sous les aisselles, sont souvent prescrites pour un usage temporaire après une blessure aiguë. Elles offrent un appui large mais sollicitent moins la force des mains.

Les cannes anglaises (béquilles à appui sur l’avant-bras) conviennent mieux à un usage prolongé. Elles demandent plus de force dans les mains et les poignets, mais libèrent la zone axillaire et permettent des mouvements plus fluides.

Le choix entre les deux dépend de la force musculaire, de la coordination, de l’équilibre et de la durée d’utilisation prévue. Une personne âgée avec une préhension faible ne tirera pas le même bénéfice d’une canne anglaise qu’un patient jeune en rééducation post-opératoire. Ce choix relève du professionnel de santé, pas d’un achat en pharmacie sans avis préalable.

Les embouts, la qualité des poignées et le poids de la béquille jouent aussi un rôle dans le confort quotidien. Un dispositif adapté à la personne réduit la fatigue et les compensations posturales qui provoquent des douleurs secondaires au dos ou aux épaules.

Marcher avec des béquilles : les bons gestes pour avancer en toute sécurité